Avertissement :
Ce contenu est fourni à titre exclusivement informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une offre ou sollicitation d’achat ou de vente d’instruments financiers.
Les obligations en devises dures présentent des risques, notamment un risque de perte en capital, un risque de crédit, un risque de taux, un risque de spread, un risque de liquidité, un risque de change selon la devise d’investissement, ainsi que des risques politiques, géopolitiques, fiscaux ou réglementaires.
Avant toute décision d’investissement, il convient de consulter la documentation réglementaire disponible, notamment le prospectus et le document d’informations clés lorsqu’ils existent. L’investisseur doit apprécier, le cas échéant avec l’aide d’un conseiller habilité, si le placement est adapté à sa situation, à ses objectifs, à son horizon d’investissement, à son expérience, à ses connaissances financières et à sa capacité à supporter des pertes.
Que sont les obligations en devises dures ?
Les obligations en devises dures sont des titres de dette émis dans une monnaie largement utilisée sur les marchés internationaux, principalement le dollar américain (USD) ou l’euro (EUR) ainsi que, plus rarement, la livre sterling (GBP) ou le yen japonais (JPY).
On parle de “devise dure” par opposition à la devise locale d’un pays émergent, souvent plus volatile.
Cette qualification ne signifie pas que la devise dure est stable ou exempte de fluctuations.
Par exemple :
Un État d’Amérique latine peut émettre une obligation en dollars américains plutôt qu’en monnaie locale. L’investisseur sera remboursé en dollars, même si l’émetteur ne génère pas naturellement ses revenus dans cette devise, sous réserve que l’émetteur respecte ses engagements et qu’aucun événement de défaut, de restructuration ou de restriction de paiement ne survienne.
Ces instruments sont principalement utilisés par :
- Les États émergents,
- Les entreprises situées hors des grandes zones monétaires,
- Certaines institutions supranationales,
- Plus largement, des émetteurs souhaitant accéder à une base d’investisseurs internationale dans une devise de référence.
Selon les données de la BIS (Bank for International Settlements, ou Banque des Règlements Internationaux en français), en juin 2025 environ 63 % des obligations internationales libellées en devise étrangère sont émises en dollars américains, 25 % en euros, le solde étant réparti entre la livre sterling (5%), le yen japonais (1%) et d’autres devises. (Données datées du 15 septembre 2025)
Le dollar demeure ainsi la devise dominante sur le segment des émissions internationales.

Pourquoi choisir d’émettre une obligation en devise dure ?
Accès au financement international
Émettre en devise dure permet d’élargir la base d’investisseurs. Les marchés en dollars américains ou en euros sont plus profonds, plus liquides et plus intégrés que la plupart des marchés domestiques émergents. Cette liquidité varie selon les émetteurs, les maturités, les conditions de marché et les périodes de stress.
Accès à une base d’investisseurs internationale
L’émission dans une devise de référence peut faciliter l’accès à certains investisseurs internationaux et, dans certains cas, offrir des conditions de financement différentes de celles du marché local. Toutefois, cet avantage potentiel doit être mis en regard du risque de change pour l’émetteur lorsque ses revenus sont principalement libellés dans une autre devise.
Arbitrage des conditions monétaires
Les émetteurs arbitrent entre les niveaux de taux, la profondeur de marché, les conditions de refinancement, le coût éventuel de couverture du risque de change et leur capacité à générer ou à obtenir la devise nécessaire au paiement des coupons et au remboursement du principal. Toutefois, ce choix crée une exposition au risque de change du côté de l’émetteur si ses revenus sont principalement en devise locale.
Typologies d’investissement dans les obligations en devises dures
Pour un investisseur résident de la zone euro, l’exposition peut prendre plusieurs formes :
- Obligations en dollars américains non couvertes contre le risque de change.
- Obligations en dollars américains couvertes en euros (hedgées).
- Obligations en devise durelibellées directement en euros.
- Fonds ou unités de compte investis sur ces segments.
Chaque configuration modifie la structure de risque globale du portefeuille.
La couverture du risque de change peut réduire certaines fluctuations liées aux devises, mais elle a un coût, peut être imparfaite et ne supprime pas les autres risques : crédit, taux, spread, liquidité ou perte en capital.

Principaux risques liés aux obligations en devises dures
Risque de crédit
Le risque de défaut est généralement plus élevé que sur les obligations souveraines des pays développés. Les pays émergents peuvent être exposés à :
- Une dépendance aux matières premières,
- Une instabilité budgétaire,
- Une vulnérabilité aux chocs externes.
Le fait que l’obligation soit libellée en dollars américains ou en euros ne supprime pas le risque de défaut. Il modifie uniquement la nature du risque de change pour l’investisseur.
Risque de change
Si un investisseur en zone euro détient une obligation libellée en dollars américains non couverte contre le risque de change, sa performance exprimée en euros dépendra notamment de l’évolution du taux de change EUR/USD.
Une appréciation de l’euro peut réduire la performance en euro, même si l’obligation progresse en dollars américains. À l’inverse, une appréciation du dollar peut améliorer la performance.
La couverture du risque de change réduit cette volatilité mais engendre un coût susceptible d’affecter le rendement.
Risque de taux d’intérêt
La sensibilité aux taux dépend directement de la devise de libellé.
Une obligation en dollars américains est principalement sensible :
- Aux taux directeurs et aux anticipations de politique monétaire de la Federal Reserve,
- Aux taux longs américains (Treasuries).
Une obligation en euros est principalement sensible :
- Aux taux directeurs et aux anticipations de politique monétaire de la Banque centrale européenne,
- Aux taux souverains de la zone euro (Bund notamment).
Ainsi, dans le cas d’une obligation en devise dure libellée en euros (émise par un acteur hors zone euro), la sensibilité principale sera liée à l’évolution des taux européens, et non américains.
Toute hausse des taux longs en zone euroentraînera, toutes choses égales par ailleurs, une baisse du prix de ces obligations selon leur duration.
Risque de spread
Outre le taux sans risque, le prix d’une obligation dépend du spread de crédit. En période de tension financière internationale, les spreads des émetteurs émergents peuvent s’écarter rapidement, indépendamment des fondamentaux immédiats.
Ce phénomène peut entraîner une volatilité significative.
Risque de liquidité
Certains segments, notamment les obligations corporate émergentes, peuvent devenir moins liquides en période de stress, générant des écarts de prix plus importants et des difficultés d’exécution.
Risque géopolitique et réglementaire
Les changements de régime, les contrôles de capitaux, les modifications réglementaires ou fiscales peuvent affecter la capacité de remboursement ou la valorisation des titres.
Cas spécifique des obligations en devises dures libellées en euros
Bien que majoritairement émises en dollars américains, une part significative des obligations internationales est libellée en euros (environ un quart selon la BIS).
Dans ce cas :
- Le risque de change direct lié à la devise de libellé est en principe absent pour un investisseur en zone euro lorsque l’obligation est libellée en euros. Un risque de change indirect peut subsister au niveau de l’émetteur si ses revenus, ses actifs ou sa capacité de remboursement dépendent principalement d’une autre devise.
- La sensibilité aux taux européens devient prépondérante.
- Le comportement de l’actif est davantage corrélé aux conditions monétaires de la zone euro qu’au cycle de la Fed, sans exclure l’influence d’autres facteurs tels que le spread de crédit du pays concerné.
Cependant, le risque de crédit reste lié à la situation économique et financière de l’émetteur, souvent situé hors de la zone euro.

Place de l’obligation en devise dure dans une allocation patrimoniale
Les obligations en devises dures peuvent contribuer à la diversification d’un portefeuille en offrant :
- Une exposition à des économies émergentes,
- Un rendement potentiellement supérieur aux obligations souveraines de la zone euro, en contrepartie d’un niveau de risque de crédit et de volatilité plus élevé, ainsi que de frais et d’une fiscalité susceptibles de réduire le rendement net,
- Une diversification géographique.
Toutefois, elles présentent un niveau de risque supérieur aux obligations d’États notés investment grade de la zone euro et peuvent connaître des phases de volatilité marquée.
Elles ne constituent pas un substitut direct à une poche obligataire prudente destinée à la stabilisation du portefeuille et ne sont pas nécessairement adaptées à tous les profils d’investisseurs.
Elles doivent, de plus, être intégrées dans une allocation globale cohérente avec le profil de risque et l’horizon d’investissement de l’investisseur.
Informations importantes sur les obligations en devises dures à destination des investisseurs
Les obligations en devises dures comportent un risque de perte partielle ou totale de capital. Leur valeur peut fluctuer à la hausse comme à la baisse en fonction de l’évolution :
- Des taux d’intérêt,
- Des spreads de crédit,
- Des devises,
- Des conditions économiques et géopolitiques.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L’investissement doit être envisagé en cohérence avec le profil de risque, l’horizon d’investissement et la situation financière de l’investisseur.
Ces instruments peuvent être exposés à des niveaux de volatilité significatifs, notamment en période de tensions sur les marchés internationaux.
Il est recommandé de se référer à la documentation réglementaire applicable aux supports d’investissement, notamment le prospectus et le document d’informations clés, lorsqu’ils existent, et de solliciter un conseil adapté auprès d’un professionnel habilité avant toute décision d’investissement.